Entre l’Orne et la Dives, à l’arrière de la baie, les marais de la Dives forment un ensemble pictural original, quadrillage de pâtures et de prairies humides bordées de fossés ou petits canaux. Ils jouent un rôle majeur de régulation et de filtration de l’eau. Autour de Gonneville-en-Auge et plus encore entre Petiville et Robehomme, marchez sur des chemins dépourvus de pentes assassines. Partez à la rencontre d’un petit monde épousant le rythme des saisons. Vous y croiserez des pêcheurs à poils ou à plumes et saluerez d’élégantes brouteuses aux cornes en forme de lyre. Vous cancanerez  à l’unisson des multiples canards, et qui sait ? Peut-être aurez-vous la chance d’entendre craqueter… une cigogne blanche.

Un rôle de filtre

Comme l’estuaire de l’Orne, les marais ont une histoire mouvementée, liée à la fois au recul de l’espace maritime et à l’exploitation humaine. Partiellement asséchés au Moyen-Âge par les moines qui creusèrent les premiers canaux et élevèrent des digues, poldérisés à l’époque moderne, ils sont à nouveau reconnus pour leur rôle hydrologique et écologique en général : ce sont des éponges qui absorbent et restituent l’eau, qui la filtrent, permettent de contrôler son niveau et donc de limiter les risques de crues.

Armes de guerre

En temps de guerre, ils peuvent devenir une arme terrible : l’Histoire a retenu la déroute de l’armée du roi de France défaite par le duc Guillaume (futur "Conquérant") en 1057 et la noyade de centaines de parachutistes britanniques venus attaquer la batterie de Merville en 1944 !

Richesse faunistique…

En parcourant les chemins qui bordent les canaux, par exemple entre Petiville et l‘"île" de Robehomme, commune associée à Bavent, vous découvrez une zone de pâturage extensif : des vaches "tout terrain" telles que les Salers à la chaude robe rouge s’adaptent sans peine à ces zones humides. L’été est propice à la fauche des prairies, la saison froide voit affluer de nombreux oiseaux migrateurs et hivernants : n’oubliez pas de chausser vos bottes si vous vous promenez à cette période ! Et si vous musardez au bord des canaux, vous ferez peut-être un brin de causette aux batraciens, à d’innombrables insectes… avant de vous retrouver nez à nez avec un ragondin.

… et botanique

Savourez aussi la diversité végétale des lieux : fleurs et plantes ligneuses aquaphiles, comme les nénuphars, iris des marais, calthas et bien sûr les joncs et roseaux ; du côté des arbres, saules "têtards" qu’il serait utile de perpétuer car ils sont des refuges pour les animaux cavernicoles, aulnes, peupliers…
Et si après avoir rassasié tous vos sens, vous souhaitez approfondir vos connaissances, sachez que des associations travaillent à préserver et à faire découvrir ce formidable patrimoine : notamment les "Amis des marais de la Dives" et le Groupe ornithologique normand (GONm). Faites l’expérience d’une sortie découverte en leur compagnie !