Situées en arrière du Gros Banc, elles forment le plus important ensemble préservé du Calvados où le développement balnéaire a longtemps favorisé l’arasement et le morcellement des dunes. Partie intégrante du site naturel de l’estuaire, elles sont classées en "zone naturelle d’intérêt écologique faunistique et floristique" (ZNIEFF). Les dunes dont des espaces très fragiles. Soumises à l’action combinée de la mer et du vent, elles se font et se défont au gré de ces éléments, sensibles à la houle ou déstructurées par les grandes marées. Très prisées des hommes pour la promenade et les loisirs, elles ne résistent pas au piétinement intensif.

Oyats et argousiers

Ici, vous avez le privilège de pouvoir les découvrir dans tous leurs états, depuis les "dunes embryonnaires" exposées au sel, premier stade de fixation du sable, jusqu’aux fourrés de dunes arbustives et au bois dunaire. En haut de la plage, elles ont bénéficié d’un apport de sable au cours des dernières décennies : vous repérerez leurs plantes fixatrices favorites, oyat ou élyme des sables aux racines profondes. Près de la "voie verte" cyclable menant vers le canal cohabitent un secteur fragile de dunes mobiles, quasiment nues, et un véritable fourré dunaire : la prolifération d’arbustes épineux tels que l’argousier favorise un paysage de broussailles difficiles d’accès.

Un bois dunaire

Parmi les curiosités notables figurent enfin les dunes boisées. Le site abrite, sur une trentaine d’hectares, un des seuls bois dunaires quasi naturels de Basse-Normandie : des bouleaux, trembles, peupliers blancs se sont développés sur le substrat de sable aux côtés des pins plantés à partir du XIXe siècle.

Des témoins en béton

Car l’intérêt pour les dunes est récent. Jadis, elles constituaient une sorte de no man’s land, un espace de "garennes" où une partie de la population venait chercher de quoi survivre. Puis elles ont commencé à attirer des acheteurs privés, les uns cherchant à y planter des résineux, les autres à les araser.  Elles sont aujourd’hui les témoins de l’Histoire. Colonisées par les premiers lotissements balnéaires, elles ont aussi été le théâtre de conflits majeurs entre les hommes : guerres répétées entre la France et l’Angleterre jadis, construction du mur de l’Atlantique et bataille de Normandie lors de la Seconde guerre mondiale. Les vestiges des anciens blockhaus perpétuent la mémoire de ces événements. Ils  permettent aussi de visualiser l’évolution du rivage côtier.

La Redoute de Merville

Depuis 1984, une autre fortification plus ancienne mobilise les efforts d’une association de passionnés et des pouvoirs publics : la Redoute de Merville, inscrite aux Monuments historiques. Cette petite forteresse en forme de fer à cheval appartenait à un ensemble de trois ouvrages porteurs d’artillerie, édifiés en 1779-1780 autour de l’estuaire pour renforcer les défenses contre l’Angleterre. La Redoute était alors cernée par la mer à marée haute. Tour à tour occupée et abandonnée, insérée dans le dispositif du Mur de l’Atlantique puis délaissée et ensevelie sous le sable, elle fait l’objet d’un ambitieux programme de restauration. Venez juger sur pièces lors des journées portes ouvertes organisées l’été ou à l’occasion de visites guidées.