À 2 km de la plage, le site de la batterie porte la mémoire des parachutistes du 9e bataillon britannique largués en pleine nuit dans un déluge de feu. Défiant l’adversité, ils neutralisèrent les canons tournés vers la baie de l’Orne quelques heures avant le déferlement de milliers de soldats sur Sword Beach.

La mission du 9e bataillon

Deuxième objectif assigné à la 6e Airborne, la batterie allemande de Merville faisait partie intégrante du mur de l’Atlantique construit en prévision d’un débarquement allié. Des photos aériennes avaient convaincu l’état-major allié de la nécessité de l’attaquer aux premières heures de la nuit du jour J. Une mission hautement périlleuse confiée au 9e bataillon de la 6e Airborne : 750 parachutistes commandés par le lieutenant-colonel Terence Otway. Le scénario avait été mille fois répété ; le cauchemar dépassa toutes les prévisions…

Noyés dans les marais

Météo exécrable, brouillage des repères, dispersion des parachutages, explosions tous azimuts… A l’heure de l’assaut, ils n’étaient plus que 150, réduits à des moyens rudimentaires, obligés de déminer à la main. Leurs 600 camarades absents étaient presque tous morts noyés dans les marais inondés par Rommel. 
Edifiée partiellement en 1941-42, achevée en mai 1944, la batterie comprend quatre grosses casemates (blockhaus) équipées de canons antiaériens ainsi qu’un fossé antichar, tout un dispositif d’abris, de tranchées bétonnées, de soutes à munitions et un poste de commandement souterrain. A l’aube du D-Day, 160 soldats allemands occupent le site protégé par un large champ de mines et des centaines de mètres de barbelés. Les bunkers construits face à la mer complètent l’ensemble.

Echec des bombardements aériens

Attaquer la batterie au sol était un pari fou et les Alliés avaient tenté d’éviter l’opération en effectuant des bombardements aériens. En vain : difficiles à repérer, bien protégées, les épaisses casemates allemandes recouvertes de terre  étaient restées intactes tandis que les bombes ravageaient les alentours. L’action du 9e bataillon fut donc déterminante. Même si les canons neutralisés étaient des modèles moins puissants que les 150 mm pressentis, même si l’armée allemande devait reprendre provisoirement la batterie dans l’après-midi du 6 juin, le colonel Otway et ses hommes étaient parvenus à mettre à mal la capacité de feu de l’ouvrage.

Plus qu'un musée, une expérience à vivre...

Ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait.

Devant le musée aménagé sur le site, la célèbre phrase de Mark Twain fait résonner l’éclat de cette action héroïque. Grâce aux nouvelles technologies, vous êtes invités à revivre, comprendre et ressentir les événements. La place de cet épisode dans la genèse de la bataille de Normandie est soulignée par la présence sur le site du "Snafu spécial", un avion Douglas C-47 américain ayant participé à la bataille de Normandie en 1944. Identique aux avions ayant largué les parachutistes du 9e bataillon, ce grand témoin ailé de l’Histoire réunit dans un même hommage le souvenir des soldats européens et américains. Venez le découvrir sur place et en savoir plus sur l’épopée de son sauvetage par une équipe de passionnés.La batterie et le "Snafu spécial" sont classés monuments historiques.

Le musée de la batterie de Merville est ouvert tous les jours de 9h30 à 18h30

http://www.batterie-merville.com