C’est la première commune libérée de France : le village de Ranville est entré dans l’histoire le 6 juin 1944 grâce aux parachutistes britanniques de la 6th Airborne. Le film Le jour le plus long a immortalisé la prise du pont basculant, enjambant le canal de Caen entre Bénouville et Ranville, et du pont tournant de Ranville franchissant l’Orne 400 mètres plus loin. Le "Pegasus Bridge" coule aujourd’hui une retraite glorieuse au musée mémorial qui porte son nom ; le "Horsa Bridge" a fait place à un pont fixe. Le site et le bourg sont jalonnés de stèles, plaques, bustes enracinant dans la mémoire des visiteurs les lieux et les héros du D-Day "rive droite". Vous trouverez même un vitrail commémoratif dans l’église paroissiale. Ranville a le cœur franco-britannique.

L’opération Deadstick

Ces ponts représentaient la porte d’accès à l’est des plages du Débarquement, le point de passage obligatoire pour franchir l’Orne. L’armée allemande devait les faire sauter pour bloquer la progression alliée. Les lui prendre intacts pour permettre la traversée de troupes de renfort était l’objectif de l’opération "Coup de main" ou "Deadstick", phase préliminaire de la mission de la 6e division aéroportée britannique (6th Airborne Division) du général Richard Gale. Une action fondée sur la rapidité et la surprise, minutieusement préparée en Angleterre sous la direction du major John Howard.

10 minutes pour l’histoire

Mission accomplie en dix petites minutes. A minuit seize la nuit du 6 juin, les six planeurs britanniques Horsa chargés de l’assaut étaient arrivés sur la zone. Trois d’entre eux s’étaient posés à moins de 50 mètres du pont du canal. A minuit vingt-cinq, deux des trois autres planeurs avaient pris le pont de Ranville. A la mi-journée, les commandos britanniques et français débarqués sur Sword Beach effectuaient la jonction avec les soldats sur les deux ponts.

Glorieuse reconversion

Un  surnom emprunté à la mythologie est venu magnifier ce moment historique : Pegasus (Pégase), nom du cheval ailé fils de Poséïdon, dieu de la mer, et emblème de la 6e Airborne. L’ensemble du site est aujourd’hui classé sur les deux rives. L’authentique Pegasus Bridge, rallongé en 1960, a été définitivement remplacé en 1994 par un ouvrage au profil identique. Privé d’emploi pendant six ans, menacé de finir à la ferraille, il connaît une seconde carrière 100 mètres plus loin, au musée Mémorial Pegasus de Ranville ouvert en 2000 et dédié à la 6e Airborne. Prestigieux vestige, il porte les stigmates de l’assaut et garde un œil sur le canal. Le pont de Ranville a été rebaptisé "Horsa Bridge" en hommage aux  planeurs ayant transporté les parachutistes. Un pont fixe plus large lui a succédé en 1971.  

Les châteaux témoignent

Libéré dès les premières heures de la bataille de Normandie, le bourg de Ranville a préservé le charme de nombreuses constructions en pierre entourées de verdure. Plusieurs d’entre elles portent elles aussi la mémoire du D-Day, à l’image du château du Heaume, devenu Q.J. du général Gale et de  l’état-major de la 6e Airborne le 6 juin, ou du château de Guernon-Ranville, converti en infirmerie.

Le musée Mémorial Pégasus est ouvert tous les jours de 9h30 à 18h30.

A voir, à faire autour du Pegasus Bridge